MA DEMARCHEYBAH

Un certain regard sur le monde qui m’entoure me chavire.  Je
ne peux retenir mon empathie. Le faut-il ?

Mon œil scrute, attablée à une terrasse de café, ou perdue dans la foule, debout sur le quai d’une gare ou assise dans le métro : c’est un véritable spectacle qui m’est offert.
Nos yeux, notre corps parlent. Pas besoin de mots, un œil attentif et bienveillant suffit. Sonder l’Âme pour mieux capter la Vérité, là est mon objectif. C’est dans la Différence que nait l’Être Unique que nous sommes.
Les chemins de Vie nous définissent, les strates résiduelles des générations précédentes, conjugués avec le présent, pétrissent les Êtres Uniques que nous sommes.
Les fatales évidences de nos métamorphoses sont une source de vérité, « Un Hymne à la Vie ». Sans concessions, je transcrits ce que je perçois profondément, tout en restant fidèle à l’anatomie. Privilégier la fragilité du vieillissement des corps en dévoilant les surplus de chairs, la plénitude des seins, la profondeur des rides ou les tensions des muscles, sont autant de signes qui témoignent de l’histoire d’un corps qui a traversé les tempêtes de la vie. Indéniablement les cicatrices du temps s’inscrivent dans nos chairs et dans nos yeux.
Une commissure de lèvre, un regard lointain, des mains fortes et expressives, tout m’intéresse dans les corps, et les visages.
Les moindres « défauts » sont une qualité, les rondeurs généreuses, la joie, la tristesse, les regrets, les rides d’expression, la jeunesse, sont autant de critères de Beauté, d’Authenticité, et de Sensualité qui nourrissent mon expression artistique.
Au-delà̀ de Moi, il y a Toi …le modèle, notre histoire et notre Vécu !
Ma révélation fût devant « La Pietà » de Michel-Ange, impossible de retenir mes larmes d’émotion : Faire vibrer la matière est devenu Vital. Sculpter est une évidence.
Au contact de l’argile, je rentre dans une double expérience Sensorielle, d’apparence contradictoire mais pourtant si cohérente, si évidente. Lentement, un jeu subtil se met en place entre la matière et l’immatériel, le poids et la légèreté, la densité et l’évanescence.
C’est ainsi que la Terre, sous mes mains fait naitre des formes sorties de l’imaginaire ou nourries par mon regard captif du modèle. Et là, les volumes, courbes et contre courbes jaillissent instinctivement, enfantées par un flot d’émotions prégnantes.
Désir ultime : donner âme et vie à toute matière. C’est un véritable corps à corps !
Et, c’est dans cette perpétuelle quête de la Vie, du Vrai, du Beau, que je puise mon inspiration et que mes regrets se transforment en nouveaux défis.

Merci la Terre ! Merci l’Univers ! Merci la Vie!